11 mars 2009

40. Le temps des adieux


Bon. Après presque deux mois à Antigua, il est temps de partir et de découvrir d'autres horizons. Pas facile! La dernière personne qui a quitté cette maison, Sanna, m'a avoué plus tard qu'elle a pleuré dans l'autobus durant les 20 heures de routes qui l'ont menée jusqu'au Mexique...et je la comprends. Dans mon cas, je ne pourrai me le permettre, car pleurer en moto brouille la vue et est extrêmement dangereux. Mais ils sont si attachants...

Je prends donc mon courage à deux mains et confectionne une carte de remerciements en espagnol, à la manière "Harry":



No hay ninguna palabra que puede decir todo lo que siento por ustedes. Vine como un extranjero y en un rato me han dado la bienvenida como uno de su propria familia.

En ninguna familia he sentido tanta alegría, he visto tantas sonrisas y he oído tantas risas. Cada uno tiene una fuerza de vivir como nunca lo he visto en toda mi vida, en los mayores como los chiquitos. En el hogar “Chivichon” vive una alma riquísima y llena de felicidad que solo uno puede soñar.


Y con mi alma, mi corazón, les deseo lo mejor que la vida pueda traerles.


Muchas gracias y ... hasta la próxima vez!


Harry “Gallo”
xox



Et en français...

Il n'existe pas de mots qui puissent décrire tout ce que je ressens pour vous. Je suis venu comme un étranger, et en un instant, vous m'avez accueilli comme un membre de votre propre famille.

Dans aucune famille ai-je senti tant de joie, ai-je vu tant de sourires et ai-je entendu tant de rires. Chacun possède une force de vivre comme jamais je ne l'ai vu de toute ma vie, et ce, chez les plus grands comme chez les plus petits. Dans la maison "Chivichon" vie une âme riche et pleine de joie à laquelle on ne peut que rêver.


Et avec tout mon âme, mon cœur, je vous souhaite le meilleur que la vie puisse vous apporter.


Mille mercis et ... à la prochaine fois!


Harry "Gallo" xox




Bien sûr, la cérémonie d'adieux se termine en larmes et sanglots collectifs. Tout le monde se tombe dans les bras avec une force qui témoigne de ce que les paroles n'ont pu dire. Intense.

Par la suite, Marielos m'implore de l'accompagner en moto vers un endroit inconnu pour quelques minutes avant de quitter définitivement. J'obéis. Six coins de rues plus loin, elle me fait signe de tourner dans l'entrée d'un couvent nommé San Francisco. Je stationne ma moto et nous nous dirigeons vers un prêtre. Je reste dubitatif. Elle me dit qu'elle aimerait qu'il me bénisse, moi et ma moto afin de me protéger dans mon voyage. Mon cœur saute un battement, car sachez que l'eau bénite me brûle la peau (et l'âme). Mais comment refuser une si bonne intention? Tel un chevalier du Moyen-âge, je m'agenouille, tête basse, et le prêtre s'exécute.

De retour à la maison, j'offre un dernier sourire à tous et marche courageusement vers la sortie, toujours incertain si j'irai au El Salvador ou au Honduras. J'ouvre la porte et... l'horreur!!! OÙ EST MA MOTO?!?!?!?!? Elle était là, devant la maison il y a à peine 15 minutes! NOOOOOOOOOOOOOOOOON!!! En une fraction de seconde, je m'imagine tout le mal de tête qui suivra avec la police, sans compter qu'elle n'est pas tout à fait «réglo» point de vue administratif... Merde! Merde! Et encore MERDE!!! La famille est consternée.

Je décide donc de prendre l'affaire en main. Dans la voiture familiale, nous parcourrons les rues d'Antigua pendant plus de 3 heures, mais sans succès. Nous étendons donc les recherches aux villages environnants. Deux heures plus tard, toujours rien. Mine basse, je me résigne à dénoncer le vol au poste de police. Quelle malchance, vous trouvez pas? Imaginez si elle n'avait pas été bénie...

Sur le chemin du retour de Jocotenango, mon regard rempli de désespoir se perd au loin. Soudain, je l'aperçois: MA MOTOOOOOOO!!! Elle est là, garée sur le bord de la route, seule, loin, très loin de la maison. J'implore Marielos d'immobiliser la voiture et de me laisser sortir immédiatement. J'accours vers la moto, prêt à péter la gueule au premier qui l'approcherait. Alor que je suis à quelques mètres d'elle, j'aperçois Weiner, le fils Marielos, qui sort d'un dépanneur et qui s'apprête à la chevaucher. Ah l'enfoiré!!!

SALAUD! Heureusement, j'ai appris quelques mots de circonstance en espagnol. Je l'empoigne par le coup et lui défait la coiffe fraichement modelée en lui criant tout mon vocabulaire de politesse: CEROTE! LADRON! PUTO! CARA DE MI CULO! MULA! HIJO DE CIEN PUTAS! MIERDA! PUTA MADRE! ESTUPIDO! BRUTA! Y CEROTE OTRA VEZ!!! Tout le monde se pisse dessus en voyant la scène et Weiner aussi. Mais malheureusement, il est maintenant trop tard pour partir, car la nuit est déjà tombée.

De retour au bercail, tous les complices se dénoncent mutuellement et m'avouent qu'ils l'ont fait parce qu'ils ne voulaient pas que je parte. Vous comprenez maintenant pourquoi c'est si difficile pour moi de quitter cette famille??? Le cœur gros, j'accepte de rester quelques jours de plus...

...jusqu'à la prochaine tentative.

7 commentaires:

Anonyme a dit…

Si Harry, yo si entiendo porque es dificil decir adios. Escoger es aceptar de perder!

Anonyme a dit…

Je te comprends d'avoir le coeur gros. Je déteste les départs aussi et tous les gens qu'on laisse derrière, brrr. J'en ai des frissons dans le dos. Bonne chance, Flore

Nath a dit…

Ah merci Harry de partager tes péripéties avec nous. J'ai trouvé que coup de la moto était vraiment fort. :)

Anonyme a dit…

L'amour peut-être con aussi mon vieux. Fous le camp de là, ouvre les ailes. Un arbre à fleurs peut cacher des épines.[BR]

Anonyme a dit…

Incroyable...
Et trop drôle!!
#8

Anonyme a dit…

Salut mon Harry, je suis très heureuse que tout va bien dans ton voyage. Comme je te connais, tu t'attaches au monde et le monde s'attache à toi. J'aurais aimé être avec toi car tu me manques mais aussi pour connaître tous ces gens qui sont tellement sympathiques. Je leurs donne mes salutations et dis leurs que je les aime beaucoup. Mais qui sait...dans un autre voyage.
Prend soin de nous revenir sain et sauf. Je t'embrasse très fort et j'apprécie vraiment ton humour. Sagapo poli, giasou! i mitera sou xx

Anonyme a dit…

Hola Harry!
Qué linda carta le escribiste a tu familia adoptiva! Veo que has mejorado mucho tu español!
Hasta yo me siento un poco triste de que tengas que dejarlos... pero es parte del proyecto... así que es momento de continuar conociendo otros lugares!
Mucha suerte!
Lili
=)

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