20 janvier 2009

21. Le tape-cul guatémaltèque

Bon, ça suffit! La vie d'insulaire commence à me ramollir sérieusement. Si je n'écoutais qu'Épicure, je resterais à Caye Calcker des lunes durant: soleil à volonté, plages à perte de vue, couchés de soleil à couper le souffle, faune et flore paradisiaque, habitants des plus sympathiques, nourriture savoureuse, etc, etc, etc... non, mais... vous me comprenez???

Pour ce qui est du sondage maison Harry&Harry, vous êtes tous très gentils d'avoir répondu en majorité écrasante pour mon retour à Montréal, mais chu vraiment poche en espagnol...je dois me diriger vers mon école...

Et si je reste un jour de plus ici, je sens que je ferai comme la pâtissière (Cristina), la tenancière de la pizzeria (Faby), le boulanger (Peter), le chauffeur de taxi (Mark), la facteure (Elena) et Boby... je vais rester ici pour toujours. C'est pour cette raison précise que je suis présentement au port à attendre la navette fluviale qui va à Bélize City. Une heure à se faire caresser par le soleil et le vent marin. Mioum!

Du port, je me dirige vers le terminal de bus. L'atmosphère est nettement plus stressante. Les gens se bousculent. Mais où est passée la devise «Go slow» de l'île?!? Il fait une chaleur atroce et je cherche une destination quelconque. En lisant les panneaux, j'aperçois «Tikal»...tout le monde s'y précipite, donc pas pour moi. Il y a aussi Flores au Guatemala (i.e. Fleurs, ça doit être beau) qui part dans quelques minutes. De plus, l'affiche montre un super bus moderne (coach) avec sièges inclinables au max, air conditionnée, télévisions et service première classe à bord: c'est pour moi ça! 10$ plus tard, je suis en file à l'arrêt de bus.

À ma grande surprise, un minuscule bus, certainement de la première guerre mondiale, s'arrête en face de nous. Le chauffeur crie: «Flores!». Mon rêve d'hôtesse sexy qui me sert le champagne avec un grand sourire brillant s'évapore d'un coup! Pfff! Et oubliez-ça le bureau des plaintes pour publicité mensongère ici. Je monte dans le bus et on s'entasse les uns sur les autres. Le système d'air climatisé promis se résume à ouvrir les fenêtres. À défaut d'un super film, je me résigne à faire une sieste.

À la sortie de la ville, le pavé se détériore rapidement. C'est de mal en pie. Mais où est donc rendu l'asphalte??? Le chauffeur est obligé de rouler sur l'accotement tellement la route est criblée de trous. On dirait un ancien champ de mines. Je comprends maintenant pourquoi le Guatemala voulait échanger le Bélize à l'Angleterre contre la construction d'une route...

À la frontière du Guatemala, on débarque tous pour le petit rituel du «je - vous - donne - du - cash - et - vous - me - donnez - une - étampe - dans - mon - passeport». De l'autre côté de la frontière, le paysage commence à changer: l'espagnol refait surface sur les enseignes, les montagnes et la jungle commencent à prendre place. La pauvreté, elle, ne donne pas la sienne.

Huit heures après notre départ de Bélize City, mon cul se demande ce qu'il a fait pour se mériter une telle fessée et moi, je ne m'en peux plus de bouffer de la poussière. Le chauffeur nous débarque au beau milieu d'une minuscule rue. Je découvre que Flores est une île sur le lac Péten Itza. Un minuscule pont la relie à la terre ferme. Décidément, moi et les îles...

Pac-sac au dos, je marche allègrement dans le village. De place en place, je cherche où coucher. Je vois un loin un visage sympathique qui m'offre son «hôtel». Il s'appelle Sergio et me montre l'une de ses chambres avec toute la gentillesse du monde. Me voyant hésiter devant son prix de 80 quetzals, il me l'escompte immédiatement à 50. Cool! Le pire, c'est que je n'ai encore aucune idée de combien vaut un quetzal... Plus tard, je découvre que la chambre me coûte 8,50$!!! Je me sens presque mal de lui avoir fait baissé son prix. Mais la douche sans eau chaude a suffit à me refroidir la culpabilité.

Plus tard, je rencontre une bande d'étudiants australiens qui vagabondent, l'air perdu, à la recherche d'un hôtel. Je leur mentionne gracieusement qu'au coin, j'ai trouvé une chambre très sympathique pour pas cher. Vous auriez dû voir les yeux (et le sourire) de Sergio quand je lui ai amené ces 12 clients... Et ça, ça n'a pas de prix.


Les photos de Flores

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Tu cavales d'ile en ile, je te suis de billet en billet, quel nomade tu fais!
Renée, la nomade d'Isla Mujeres

Doreen a dit…

Pour ton information, j'avais voté pour que tu te rendes justement à Guatemala. Alors je dis "Way to go!". hehehe

Anonyme a dit…

Après cette faveur, Sergio devrait te aller te faire couler un bon bain chaud !

Irene

Anonyme a dit…

Eh je ne savais pas qu'il y avait une île qui portait mon nom. C'est toute un honneur. Flore

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